mardi 24 mars 2009

Hammam-mia

En réponse au concours lancé par CamDess ce jour, voici venir l'aventure 100% disc(eau) et cornes di gazille des 2 fouines de la médina, en souvenir de notre dernier périple marrachki.

Hammam-mia ou le retour à la source, Manon.
Pour les chèvres, y'a l'option babouches odorantes: le décor est posé.

Marrakech, sa place Jemma el Fnaa, sa Koutoubia, ses souks, ses échoppes, ses palais, ses cigognes. Ses hammams.

Des plus touristiques au plus traditionnel, notre choix est fait: voilà 5 jours que nous déambulons dans les ruelles étroites de la médina, que je reçois quotidiennement 10 demandes en mariage, le riad Zitoun est à nous...
Le retour à la grisaille lyonnaise ne se fera pas sans un bon décrassage dans un hammam traditionnel! Un vrai de vrai, séparant dès l'entrée les femmes des hommes. Un vrai de vrai et pour cause, le français y est à peine bredouillé. Mais en bonnes fouines de compèt' qui ne craignent rien, pas même le ridicule sur un snakegliss, nous pénétrons dans l'antre de la féminité, porte gauche, enthousiasmées à l'idée de partager le rituel de ces femmes marocaines que nous croisons furtivement dans les rues, à l'abri d'un foulard ou chevauchant vaillamment leur scooter de fortune au milieu d'un trafic ubuesque.

Parce que c'est l'usage, nous avons, au préalable, pris soin de nous fournir d'une bonne cuillerée de savon noir et de poussière d'argile, en vue des gommages et autres masques dont nous espérons bénéficier ce soir là. Raaaaah, la détente, relax..., nous achetons chacune au passage un gant qui gratouille. Parées. On jubile.

Serviettes sur l'épaule, nous avons encore nos bottes aux pieds quand soudain, la Madame Sarfati locale nous mime le déshabillage de rigueur. En grandes habituées du Time's up, on a (presque) tout compris et nous nous exécutons. Cest dans cette immense entrée ,vide et froide, que nous nous débarrasserons alors de nos vêtements, pour nous retrouver, penaudes, dans nos maillots de bain, derniers refuges de notre intimité ( encore) préservée.

Emportant avec elle nos sacs et produits de beauté locaux, Mme Sarfati nous saisit énergiquement par la main, et nous fait traverser, au pas de course, un premier couloir, où les femmes, assises, nous regardent, amusées. Bêtes de foire. Mon super maillot 1 pièce ne semble pas faire l'unanimité...

En arrivant au coeur de la salle chaude, je ressens pour la première fois ce sentiment fort désagréable de ne pas être à ma place du tout. Etrangère. Observée. Ridicule, aussi. Autour de nous, les corps dénudés des femmes et des enfants s'activent aux soins selon des habitudes bien huilées. Certaines déposent leur gant pour nous regarder, plantées telles deux grues, au milieu de ce joyeux rituel. Désemparées. Nos maillots de bain nous pèsent, peut-être moins cependant que l'immobilisme auquel nous sommes condamnées, abandonnées, sans nos gants ni savon noir, par Mme Sarfati. En face de nous, le sourire compatissant d'une jeune femme démêlant les cheveux de sa fille, nous réconforte. Elle nous fait signe de venir près d'elle, mais c'est sans compter sur les consignes strictes de Mme Sarfati qui nous a collées contre un mur.En attendant.

A cet instant précis, nous ne savons plus à quoi nous attendre, pour être franche, quand Mme Sarfati-mère nous flanque à chacune une poignée de mélasse gluante dans la main. Tu le voulais ton savon? Bah le voilà, tiens.
Et vas-y que je te savonne, ça glisse, je luis bientôt tel le poulet prêt à enfourner. Dociles, et puis quoi maintenant?

Vlan.

Un double ukiwasa plus tard, je me retrouve plaquée au sol, ventre à terre, le menton posé sur la cuisse de Mame Sarfati mère, ceinture noire de karaté. En face, la jeune femme se bidonne, et je vois passer au sol les résidus flottants de peaux mortes de nos voisines. J'ai tout juste le temps de penser, émue, à la mychose du feu de dieu que je vais me choper quand débute alors un virulent gommage, sous le regard de Camille que j'imagine déconcertée par cette promiscuité inattendue avec mes capitons. Pire encore, Mame Sarfati transforme en 2 ou 3 mouvements ce qui me reste de maillot de bain en string ficelle, pour mieux s'attaquer à mon imposant postérieur, que j'entretiens depuis 5 jours à coup de msémens et autres cornes de gazelle. Je n'existe plus, ma fierté s'égrène en même temps que mes cellules mortes. Hop, demi-tour, on change de face, et je peux enfin croiser les yeux ahurris d'une Camille qui ne sait trop que son tour viendra bientôt.

Pour cause, la séance gommage est terminée et c'est recroquevillée contre le mur que je me remets de mes émotions, abassourdie, alors que Camille s'en remet aux soins énergiques de notre bourreau. Gérard Jugnot dans les Bronzés, voyez?

Le répit est de courte durée, quand sans prévenir, je me prends 10L de flotte huileuse dans la tronche: c'est massage time, ma bonne dame, et voilà la cousine qui débarque, m'imposant à nouveau de m'allonger à même le sol pour une séance de guiliguili surréaliste. Je me relève, lessivée, mais visiblement pas assez. Re-vlan, prends -toi 10L, ça fait pas de mal, je souffle, me relève les cheveux pour prévenir Camille du tsunami quand, re-vlan! Paie tes 10L, la gazille. Je n'arrive plus à respirer, parler m'est impossible, au risque de boire la tasse, saveur mélasse.

J'ai la tête d'un balai espagnol, Camille, solidaire, vient d'écoper d'un traitement similaire. Nos regards échangés posent la même question: ayééé, c'est fini, dis? c'est fini, hein?!
Tssss, les nanas, pour vous, c'est la totale, fallait pas tenter l'argile. Non, fallait pas! La cousine nous colle le mélange verdâtre sur le crâne, et nous secoue énergiquement. Pire que la séance collective de shampoing anti-poux en colo, quoi. Nous sommes tellement pitoyables que nous joignons nos rires à ceux de nos voisines, au spectacle ce soir.
Pour finir, on se reprend un raz-de-marée de flotte dans la salle d'à côté, la cousine tente une dernière fois de nous arracher nos bas de maillot auxquels nous nous accrochons telle la moule à son rocher.

Je vous épargnerai notre sortie glorieuse, la fierté au fond des bottines, le poil brillant et frisé, rentrant dar-dar au riad sous le flot des remarques des mecs dans la rue: " hammam, hein?".
Bah naaan. On avait piscine, tsss...

Alors après ça, avouez que je le mérite bien le Papayascrub, non?
***

PS: au fait...on vous a dit qu'on avait gagné l'épreuve du snakegliss au Criterblog ce week-end?^^Un résumé? Foncez et ici aussi!
En tous cas, c'était...magique! Merci à tous pour cette chouette initiative, qui m'a vue renouer avec les efforts physiques...les vrais! (suis mourrue!)

vendredi 20 mars 2009

DF, Nouvelle(s) Star(s)

J'ignore s'il convient de le prendre comme un signe. Ou pas.

Imaginez-moi sortir de réunion, sourire aux lèvres, complètement euphorisée par la lumière retrouvée, dossiers sous le bras. C'est jour de grève et je me mobilise: je rentrerai à pieds au boulot. C'est surtout pour moi l'occasion de faire le plein de vitamines D, et de repousser encore mon arrivée au bureau, dont l'ambiance Mr Freeze me glace, brrrh...

Jusque là, tout va bien, vous visualisez à peu près l'état d'esprit. Je flâne, positive attitude, les gens sont beaux, je suis belle (les pompes à 250 euros en vitrine aussi d'ailleurs), à 24 heures de mon départ pour les Arcs.  Je projette, je rêvasse, je biathlonne, je glisse, lunettes de soleil vissées sur le pif, les façades rénovées,  blanc manteau, m'éblouissent. J'entendrais presque les oiseaux chanter.

Mais non, en fait. J'entends pas. Et pour cause, un appareil photo vient de surgir de nulle part en hurlant un magistral " YEaaaAAh!!DANCING FOUINE", qui me stoppe tout net dans ma course. Vous imaginez toujours, là?

Parce que perso, je suis obligée d'avouer que je me suis demandée un instant si je yoyotais grave ( un appareil photo qui cause??!). Hallucinée, deux billes à la place des yeux: un fan, bordel. Un fan. Surréaliste... j'avais même pas mes bottes aux pieds, quoi!

Mais elles sont là, aujourd'hui, tout prêt, les poilues. Les fidèles, encombrantes. Moins dans l'espoir de (re)croiser un admirateur que d'honorer le voyage qu'elles nous ont permis de gagner: et oui! Je rejoins mes fouines préférées dans 2 petites heures à la gare, direction le Criterblog!! Il va sans dire que j'ai hâte, curieuse et impatiente des rencontres et des exploits qui nous attendent! 

Et s'il vous dit de partager le week-end avec nous, photos et vidéos seront normalement dispos sur le site dédié, icite! N'oubliez pas que vous pouvez également parier en ligne sur l'équipe gagnante. Soyez d'ores et déjà assurés du fait que nous ne nous vexerons pas si vous votez pour une autre équipe!! 

A lundi!

PS:Gooo DF, Goooo! 
PS2 (marrant cette impression de faire de la pub pour une console): n'oubliez pas l'épisode de Plus Belle la vie ce lundi!! RDV sur France 3 à partir de 20h10!!

dimanche 15 mars 2009

Il y a de nouveau que ce qui est oublié (*)

(*) citation de Rose Bertin

Une exclu?

Et bien, non, pas toutafée... J'ai juste omis- shame on me- d'annoncer ici le prochain apéroblog lyonnais, XIIème du nom, qui se déroulera ce mardi 17 mars, en deux temps. Et ça, ça lô, c'est de la nouveauté!

Pour fêter la douceur retrouvée, CamDess, Myrtille et Silphi ont décidé de lutter contre l'immobilisme hivernal, en nous proposant de d'abord nous retrouver, à partir de 19h, autour des fameux burgers du Wallace, avant de migrer, à 21h, dans les cales du Barberousse, où Camille a promis de s'enfiler une bouteille de rhum en moins de 8 minutes (pour une femme enceinte, moi j'dis, c'est pas joli joli, hein!!^^)(roooh, ça va, si on peut pu niaiser icite, osssti!)

Venez grossir nos rangs, on vous espère nombreux!
A mardi!

Wallace, 2 rue Octavio Mey, Lyon5
Le Barberousse, 18 rue Terraille, Lyon 1er.

mercredi 11 mars 2009

La montagne, ça vous gagne. Ou pas.

photo by Myrtille

On ne va pas se mentir.

Le sport et moi, c'est comme le soleil et la lune. Un rendez-vous manqué.

Mais une éclipse semble bel et bien programmée pour fin mars: la participation des Dancing Fouines au Criterblog va me contraindre à l'exercice, moi qui considérais jusqu'alors mes 10 minutes de marche quotidiennes comme un exploit sportif de haut niveau. Et ne rigolez pas, j'ai les mollets de Jeannie Longo, c'est vous dire si je m'applique.

Février 1996. Je me souviens alors de ma dernière tentative, crispée telle l'esquimau sur son bâton en haut d'une piste bleue des 2 Alpes. J'avais super bien retenu la leçon. Ou pas d'ailleurs, rapport au fait que je n'ai jamais eu le privilège de recevoir les conseils d'un moniteur ESF du Club Piou-Piou, moi.

Pour vous permettre de mieux évaluer ma situation ( de détresse), sachez que je skie comme je nage. Comme je peux, en somme. Je vous épargnerai le récit ubuesque de mon épreuve de natation au bac, ou comment j'ai réussi, tant bien que mal à ramener ce fichu mannequin de 80 kgs à la surface. En restant dessous, ouais. Immergée. Je l'ai sauvé, oui, mais j'ai failli crever. Mon sens inouï de l'abnégation méritait bien la moyenne...

Février 1996, donc. "Tu croises tes skis pour freiner". Voilà le conseil reçu. L'unique. Et je l'ai appliqué à la lettre. Au point de les faire se chevaucher, même. Je suis décidément une élève appliquée. Ridicule aussi et pourtant, à bien y réfléchir, les genoux rentrés, c'était juste hyper hype comme dégaine. J'avais la trempe d'une fashion-blogueuse en 1996, tiens. Dommage que je n'ai plus jamais réitéré l'expérience.

Jusqu'à ce week-end.

Quand CamDess nous a proposé, avec Myrtille, d'aller taquiner la poudreuse à Courchevel, nous n'avons (presque) pas hésité: l'entraînement pré-Criterblog serait salvateur.
13 ans donc, que je n'avais plus adopté la Pingoo attitude, flanquée des skis les plus pourraves du magasin de location, en plus. Rajoutez à cela qu'à l'époque, économies obligent, ma mère était la reine du " tiens, y'a l'ex-belle-soeur de ma collègue qui te prête sa combi taille 52", et imaginez-moi affublée d'une magnifique et gigantesque parka jaune et rose fluo aux motifs douteux, gants rouges et verte cagoule, crevant de jalousie et de honte devant les équipements high-tech de mes voisins de télésiège...

Tant et si bien que ce week-end, on allait pouvoir se la péter grave avec nos bottes à poils Roxy. Ca, au moins, c'est du matos top moumoute qu'il en jette. Je m'étais néanmoins préparée psychologiquement à (souffrir) flipper, à (souffrir) devoir annoncer mon poids pour le réglage des fixations, à (souffrir) pleurer que j'étais pas capable, à (souffrir) réaliser qu'à bientôt 30 berges, la tâche s'avèrerait encore plus difficile qu'à 15.

Mais comme qui dirait, y'a que les cons qui changent pas d'avis.

Je suis de retour. Enthousiasmée. Plus que jamais.
J'adooore le ski
. Non vraiment:
  • le ski, c'est une leçon d'anatomie express. Ou comment se découvrir des muscles dans des endroits insoupçonnés.
  • le ski, c'est déculpabilisant. Ou comment s'envoyer du sauc' au beaufort et des tartines de Nut' en se convaincant qu'on l'a bien mérité, bordel!
  • le ski, c'est enivrant. Ou comment se récompenser des efforts fournis par un bon vin chaud.
  • le ski, c'est réjouissant. Ou comment se féliciter de faire 10 kilos de plus que sa copine pour la griller, tout schuss, au concours de celle qui arrivera la preum's en bas de la piste.
  • le ski, c'est un sport spécial langue de pute. Ou comment se moquer des mémères toutes options qui capitulent au milieu de la piste Mickey.
  • le ski, ca réveille l'instinct de la pouffie qui sommeille. Ou comment mater les mecs canons onduler avec aisance dans la poudreuse.
  • le ski, c'est comme le vélo. Ca ne s'oublie pas. Ou comment constater que je ne suis pas plus mauvaise qu'en 1996. C'est déjà ça.
  • le ski, ça réserve parfois des surprises. Ou comment tomber sur un loueur de matériel tout mimi. Non, vraiment, hein. Mimi. Blêmir en réalisant qu'il va bientôt tout savoir de mes mensurations. Plus encore quand il me demande de lever mon pantalon pour l'essayage des chaussures, et réaliser que je suis aussi poilue que mes bottes Roxy...

Le ski, c'est rassurant, finalement. Sur les pistes comme ailleurs, je reste fidèle à ma réputation. J'ai la loose collée aux bottes. A poils, donc.

***
A venir:les vidéos de l'entraînement fouinesque!

photo by Myrtille