mardi 5 mai 2009

Au bout de la branche


Y'avait comme un déséquilibre.
Des cases vides, au bout de la branche.

Je ne savais pas, nous ne savions rien. De l'autre côté, les racines polonaises faisaient flirter des consonances slaves avec le plus français des patronymes. Mais du côté paternel, la quatrième ramification de mon arbre généalogique sonnait creux, sonnait dur. Abandon. Assistance publique. Trouvée. Sur les marches d'une église peut-être. Elle ne savait pas.

Nous avons souvent extrapolé, à la recherche inconsciente de ses origines, qui étaient aussi les nôtres.

Son teint mat, ses yeux noirs, presque bridés, la tignasse crépue de sa jeunesse, dont j'ai directement héritée, nous faisaient voyager. En caravane...
Nous l'imaginions oubliée, peut-être, au moment d'un départ précipité. Transhumances, guitares, jazz manouche et feux de bois. Nous esquissions un tableau aux couleurs chaudes, théâtre supposé de ses premiers instants de vie, à notre chaleureuse aïeule.

Il y avait bien d'autres hypothèses, moins chatoyantes. Plus humides. Plus réalistes aussi.

La chaleureuse, enfant honteuse d'une fille mère de bonne famille, dont il faudrait effacer les traces, rapidement, pour ne rien compromettre. La vertu, le mariage, les bonnes convenances. La réputation. Un paquet de linges déposé, au hasard d'une porte, d'une cure d'un village du Beuvray. L'encombrante. Abandonnée. Dans la brume du mois de novembre 1930. Un tableau noir, théâtre moisi de ses premiers instants.

Elle n'a jamais cherché à savoir. Le jeu de pistes manquait d'indices et la tribu qu'elle se constituait à son tour, le travail à la ferme, semblaient prendre le pas sur l'histoire de ses origines. Elle n'en parlait pas d'ailleurs. A l'instar du paquet de linges, elle l'avait abandonné, son parcours originel.

Puis vint le renouvellement de sa carte d'identité, il y a 2 mois, 3 peut-être.

La procédure a changé. Elle doit récupérer son acte de naissance. A 78 ans repart à l'assaut d'une institution que l'on a depuis renommée. Puis renommée encore. Ce n'est plus l'assistance publique, ce n'est plus la DASS, c'est le conseil général qui gère dorénavant les dossiers, ma brave dame.

Et c'est ainsi, dans les tréfonds des archives institutionnelles, que l'on retrouva un extrait de son scénario. 78 ans plus tard, elle reçut le script dévoilant les bribes d'une existence qu'elle n'a jamais connue. Pas même imaginée.

Le nom d'une femme, tout au plus. Le nom d'une femme et dans son ventre, le pays d'origine. A ses côtés, une sœur, plus âgée me précise la chaleureuse, fébrile, au téléphone. Décédée, me précise encore, la malheureuse.

Un lieu de naissance, un contexte. Enfin. Une lettre manuscrite de la mère, précisant les motifs de l'abandon. Matériels. Il est question de moyens, de besoins, d'incapacité à assumer. 78 ans plus tard.

Et ces mots de la chaleureuse pour seule conclusion: " au moins, je ne suis pas née dans la rue".

Ni même dans une caravane. Je ne suis pas l'arrière petite-fille d'Esmeralda...
Mais il y a désormais un bourgeon, là-haut. Au bout de la branche.

mardi 28 avril 2009

Rain and tears ( The Pink Version)*


Il faut dire qu'il pleuvait aussi.

Je tourne le bouton. Le bouton tout rond. L'ordi chante des chansons. Le p'tit malin...

Il faut dire qu'il est presque midi. L'appart ressemble à Hiroshima, après la bombe. Je passe en mode Tornado, branche l'aspiro... Tango! Me lance dans la danse du balai, les froufrous volent au vent, je claquette de la babouche.

Il faut dire qu'il est dingo. Il m'appelle, ressuscité, après les quelques heures d'un sommeil gagné au creux d'un oreiller qui n'était pas le sien. Me fait le récit express de son marathon. Il me fatigue. Par procuration.

Il débarque, l'énergique. La mine réjouie, chemise immaculée. L'AOCé dans toute sa splendeur. Il semble en forme et pourtant, le compliment qu'il me jette en franchissant la porte trahit la fatigue accumulée. Qu'on se le dise, pour que l'AOCé me balance -sérieusement- un "Uuuh, t'es sexy dans ta nuisette mon AOCée", faut bien qu'il soit dans un état de décrépitude avancé...!

Je joue du froufrou jusqu'à la machine, et nous prépare à chacun la dose de caféine nécessaire aux récits réciproques de nos états d'âme, Eric (parce que dans les états, je gère pas avec mon AOCé, comprenne qui pourra...!). La perfusion fait son effet, l'incessant goutte-à-goutte extérieur, inspire alors l'AOCé. "Dis, la froufroute, on se ferait pas un ciné?"

Il faut dire que je l'aime mon AOCé, pour accepter de sortir par un temps pareil...J'allais encore arborer une coupe sooo sexy à la Miss Doubtfire. Faut dire aussi que j'ai le glamour ephémère. L'AOCé reprenait ses esprits, c'en était fini de l'instant sexy.

RDV fut pris devant le Pathé.

Mon AOCé, grand prince, joue du billet à prix réduit, pendant que j'accumule, par capillarité, l'équivalent de mon poids de flotte sur le pavé de la rue de la Ré. Pour parfaire ma coupe rétro, je sers de gouttière au parapluie qui nous devance. La bonne humeur dominicale prend comme qui dirait un coup de pépin dans la tronche... C'est pas que je me referais pas un remake de l'Hammam-mia là, les amis, mais suis pas épilée, hein. Pis d'façon, c'est pas mixte...A bas l'exotisme et la promesse d'un OSS117, on se rapatrie sur une valeur sûre. Un Royal Bacon et quelques potatoes. La folle...C'est après ingestion que je manque de défaillir, quand je constate avec effroi que je viens d'engloutir, à 4h de l'après-m', le quart de ma ration énergétique journalière. Maudites potatoes.

Il faut dire, encore, que les sorties AOCés font toujours l'objet d'un indécent festival hypercalorique. L'AOCé, ça t'aide pas à choper, c'est avéré.

D'façon, c'est mort, je sens le graillon, j'ai les veuch' en mode curly. A l'évocation hasardeuse des Goonies, c'est tels Mickey et Data que nous nous mettons à la recherche de la Pépette mobile dans les tréfonds du parc souterrain, à l'affût des éventuels Boom-j't'attrape qui viendraient contrecarrer notre quête du trésor. J'ai 4 ans, 5 tout au plus. Dans les faits, je me félicite plutôt de constater que l'AOCé imite vachement mieux Schoko que moi. On ne peut pas avoir tous les talents...

Au final, retour sur canapé, ce sera séance DVD. Je me remets en mode froufrou, pendant que mon AOCé prend ses aises au salon. C'est bien là l'avantage de la situation: chez l'AOCée, t'as le droit de poser tes pieds odorants sur la table basse, et de revisiter ainsi la gamme de chez AirWiz version fromages montagnards sans risquer de passer pour un malpropre. L'autre, hé, qui pensait peut-être que j'allais passer à côté sans remarquer le fumet cancoillote de ses panards de marathonien du dimanche! Quand je pense qu'il se moquait de moi en mode rouleau de printemps, enroulée dans mon plaid, hein mémé?! Tss...Le décor est posé. L'odeur de bête sauvage, la vie à la roots.

Nous partons, silencieux, côte à cote, INTO THE WILD.

J'impose la version originale. Sous-titrée, hein. Suis chez moi, ça pue le beaufort, je fais ce que je veux d'abord.

Malheur. Ce que j'avais pas demandé..."Ptain mon AOCée, nooon, pas la VO, bordel, suis mort, je vais rien suivre". Menu. Enter.
"Ptain mon AOCée, voilà, hein, VOILA! Comment je fais pour lire en français et en anglais en même temps, moi, hein, comment?!". Soupirs. " Du coup, j'ai rien lu, rien compris. Mais quelle connerie, hein, quelle connerie!". Sourires.

Puis le fromage sur pattes s'est finalement ravisé...

Un grand livre, plein d'images. Une B.O. qui fait du bien à la tête. Et de l'oxygène, beaucoup. Surtout (et c'était pas du luxe, vous l'aurez compris).

Je surveille d'un oeil l'AOCé avachi. Il suit. Je sursaute:"c'est une fouine qu'il est en train de manger là, mon AOCé, c'est une fouine??!". Eurk.

Bouleversant qu'ils disaient. Tu m'étonnes...Je commence à pas faire ma maline, sous mon plaid.
Bientôt les fouines viennent à manquer. Bientôt, je lui en veux. Couillon de bouffeur de racines... La tristesse me submerge, mais l'AOCé flanche avant que je n'ouvre les vannes à mon tour.

Et on a chialé. Ensemble, Goonies for ever, en se promettant d'arrêter les potatoes.

"Happiness is real when shared".
Bah... c'est pas faux.

* Ceci est un billet synchronisé. Retrouvez la Blue version de l'AOCé sur son blog, en cliquant ici.

jeudi 16 avril 2009

Je suis venu te dire que je m'en vais


Encore un matin. Un des rares pluvieux que nous ait réservé le mois de Mars.
Un matin. Pas pour rien. Je n'en avais pas dormi de la nuit. Fébrile. Comme ce soir de mai 1996, où j'ai dû annoncer à l'unité maternelle que je m'étais fait percer le nombril par pur mimétisme copinesque que "ouais d'abord on est trop copines, on s'perce toutes le bide, c's'ra trop la classe cet été à Berthaud" (NDLR: le lac vaseux de mon enfance, déversoir des égouts de la région. Entre autres.) dans le fond d'un boui-boui crasseux à coup de trouilleuse à oreilles...Même pas mal, à peine infectée et morte de trouille. La colère de l'unité maternelle n'aurait d'égal que la honte et l'anxiété qui me rongeaient alors l'estomac à petit feu. Autant dire que je faisais pas ma maline. Mauvaise fille.

Ce matin là, je renouais avec ces sensations d'adolescente fautive et mal à l'aise. La cicatrice au nombril n'y changerait rien.

Je n'avais jamais été infidèle jusque là. Il me faudrait pourtant lui avouer. L'autre. La rencontre, le premier rendez-vous, la phase de séduction. J'étais conquise, enivrée.
Le quotidien nous avait tués, j'étais seule, abandonnée. Me tapais les tâches les plus ingrates. Récurer les chiottes, récupérer les recommandés à la garderie en fin de journée, lui rendre des comptes, de plus en plus illégitimes au regard de notre histoire commune. Trois ans, bordel, trois ans. C'est beaucoup et presque rien.

Il était là ce matin, assis, tendu de la moustache, quand je me décide alors à lui annoncer ma décision. Il connaissait mes ambitions, et pourtant. Je ne bluffais plus.

-"je m'en vais"
(silence de mort)
-"tu pars chez qui"
-"chez Jojo"
(coup de poignard dans son coeur)
-"je m'en doutais ( l'enfoiré)"..."bah, barre-toi (connasse)"
-"nous pourrions peut-être convenir de la date"
-"le plus tôt sera le mieux"
(silence de mort. Pour les 15 jours qui ont suivi l'annonce)

Et c'est ainsi, que j'ai démissionné.
Ambiance partage des meubles et garde alternée des dossiers en cours garantie.

Et je revis. J'ai, depuis, retrouvé l'enthousiasme de mes débuts, renoué avec l'intérêt porté au boulot que j'ai choisi d'exercer.
Hésiter, c'est tricher en fait.
Changer, et tout semble plus léger...sauf mon sac, rempli de dossiers, qui m'a honteusement lâché ce matin alors que je débarquais en réunion à 700kms de chez moi.

La permanence a ce je ne sais quoi de rassurant, en fin de compte...^^


mardi 24 mars 2009

Hammam-mia

En réponse au concours lancé par CamDess ce jour, voici venir l'aventure 100% disc(eau) et cornes di gazille des 2 fouines de la médina, en souvenir de notre dernier périple marrachki.

Hammam-mia ou le retour à la source, Manon.
Pour les chèvres, y'a l'option babouches odorantes: le décor est posé.

Marrakech, sa place Jemma el Fnaa, sa Koutoubia, ses souks, ses échoppes, ses palais, ses cigognes. Ses hammams.

Des plus touristiques au plus traditionnel, notre choix est fait: voilà 5 jours que nous déambulons dans les ruelles étroites de la médina, que je reçois quotidiennement 10 demandes en mariage, le riad Zitoun est à nous...
Le retour à la grisaille lyonnaise ne se fera pas sans un bon décrassage dans un hammam traditionnel! Un vrai de vrai, séparant dès l'entrée les femmes des hommes. Un vrai de vrai et pour cause, le français y est à peine bredouillé. Mais en bonnes fouines de compèt' qui ne craignent rien, pas même le ridicule sur un snakegliss, nous pénétrons dans l'antre de la féminité, porte gauche, enthousiasmées à l'idée de partager le rituel de ces femmes marocaines que nous croisons furtivement dans les rues, à l'abri d'un foulard ou chevauchant vaillamment leur scooter de fortune au milieu d'un trafic ubuesque.

Parce que c'est l'usage, nous avons, au préalable, pris soin de nous fournir d'une bonne cuillerée de savon noir et de poussière d'argile, en vue des gommages et autres masques dont nous espérons bénéficier ce soir là. Raaaaah, la détente, relax..., nous achetons chacune au passage un gant qui gratouille. Parées. On jubile.

Serviettes sur l'épaule, nous avons encore nos bottes aux pieds quand soudain, la Madame Sarfati locale nous mime le déshabillage de rigueur. En grandes habituées du Time's up, on a (presque) tout compris et nous nous exécutons. Cest dans cette immense entrée ,vide et froide, que nous nous débarrasserons alors de nos vêtements, pour nous retrouver, penaudes, dans nos maillots de bain, derniers refuges de notre intimité ( encore) préservée.

Emportant avec elle nos sacs et produits de beauté locaux, Mme Sarfati nous saisit énergiquement par la main, et nous fait traverser, au pas de course, un premier couloir, où les femmes, assises, nous regardent, amusées. Bêtes de foire. Mon super maillot 1 pièce ne semble pas faire l'unanimité...

En arrivant au coeur de la salle chaude, je ressens pour la première fois ce sentiment fort désagréable de ne pas être à ma place du tout. Etrangère. Observée. Ridicule, aussi. Autour de nous, les corps dénudés des femmes et des enfants s'activent aux soins selon des habitudes bien huilées. Certaines déposent leur gant pour nous regarder, plantées telles deux grues, au milieu de ce joyeux rituel. Désemparées. Nos maillots de bain nous pèsent, peut-être moins cependant que l'immobilisme auquel nous sommes condamnées, abandonnées, sans nos gants ni savon noir, par Mme Sarfati. En face de nous, le sourire compatissant d'une jeune femme démêlant les cheveux de sa fille, nous réconforte. Elle nous fait signe de venir près d'elle, mais c'est sans compter sur les consignes strictes de Mme Sarfati qui nous a collées contre un mur.En attendant.

A cet instant précis, nous ne savons plus à quoi nous attendre, pour être franche, quand Mme Sarfati-mère nous flanque à chacune une poignée de mélasse gluante dans la main. Tu le voulais ton savon? Bah le voilà, tiens.
Et vas-y que je te savonne, ça glisse, je luis bientôt tel le poulet prêt à enfourner. Dociles, et puis quoi maintenant?

Vlan.

Un double ukiwasa plus tard, je me retrouve plaquée au sol, ventre à terre, le menton posé sur la cuisse de Mame Sarfati mère, ceinture noire de karaté. En face, la jeune femme se bidonne, et je vois passer au sol les résidus flottants de peaux mortes de nos voisines. J'ai tout juste le temps de penser, émue, à la mychose du feu de dieu que je vais me choper quand débute alors un virulent gommage, sous le regard de Camille que j'imagine déconcertée par cette promiscuité inattendue avec mes capitons. Pire encore, Mame Sarfati transforme en 2 ou 3 mouvements ce qui me reste de maillot de bain en string ficelle, pour mieux s'attaquer à mon imposant postérieur, que j'entretiens depuis 5 jours à coup de msémens et autres cornes de gazelle. Je n'existe plus, ma fierté s'égrène en même temps que mes cellules mortes. Hop, demi-tour, on change de face, et je peux enfin croiser les yeux ahurris d'une Camille qui ne sait trop que son tour viendra bientôt.

Pour cause, la séance gommage est terminée et c'est recroquevillée contre le mur que je me remets de mes émotions, abassourdie, alors que Camille s'en remet aux soins énergiques de notre bourreau. Gérard Jugnot dans les Bronzés, voyez?

Le répit est de courte durée, quand sans prévenir, je me prends 10L de flotte huileuse dans la tronche: c'est massage time, ma bonne dame, et voilà la cousine qui débarque, m'imposant à nouveau de m'allonger à même le sol pour une séance de guiliguili surréaliste. Je me relève, lessivée, mais visiblement pas assez. Re-vlan, prends -toi 10L, ça fait pas de mal, je souffle, me relève les cheveux pour prévenir Camille du tsunami quand, re-vlan! Paie tes 10L, la gazille. Je n'arrive plus à respirer, parler m'est impossible, au risque de boire la tasse, saveur mélasse.

J'ai la tête d'un balai espagnol, Camille, solidaire, vient d'écoper d'un traitement similaire. Nos regards échangés posent la même question: ayééé, c'est fini, dis? c'est fini, hein?!
Tssss, les nanas, pour vous, c'est la totale, fallait pas tenter l'argile. Non, fallait pas! La cousine nous colle le mélange verdâtre sur le crâne, et nous secoue énergiquement. Pire que la séance collective de shampoing anti-poux en colo, quoi. Nous sommes tellement pitoyables que nous joignons nos rires à ceux de nos voisines, au spectacle ce soir.
Pour finir, on se reprend un raz-de-marée de flotte dans la salle d'à côté, la cousine tente une dernière fois de nous arracher nos bas de maillot auxquels nous nous accrochons telle la moule à son rocher.

Je vous épargnerai notre sortie glorieuse, la fierté au fond des bottines, le poil brillant et frisé, rentrant dar-dar au riad sous le flot des remarques des mecs dans la rue: " hammam, hein?".
Bah naaan. On avait piscine, tsss...

Alors après ça, avouez que je le mérite bien le Papayascrub, non?
***

PS: au fait...on vous a dit qu'on avait gagné l'épreuve du snakegliss au Criterblog ce week-end?^^Un résumé? Foncez et ici aussi!
En tous cas, c'était...magique! Merci à tous pour cette chouette initiative, qui m'a vue renouer avec les efforts physiques...les vrais! (suis mourrue!)

vendredi 20 mars 2009

DF, Nouvelle(s) Star(s)

J'ignore s'il convient de le prendre comme un signe. Ou pas.

Imaginez-moi sortir de réunion, sourire aux lèvres, complètement euphorisée par la lumière retrouvée, dossiers sous le bras. C'est jour de grève et je me mobilise: je rentrerai à pieds au boulot. C'est surtout pour moi l'occasion de faire le plein de vitamines D, et de repousser encore mon arrivée au bureau, dont l'ambiance Mr Freeze me glace, brrrh...

Jusque là, tout va bien, vous visualisez à peu près l'état d'esprit. Je flâne, positive attitude, les gens sont beaux, je suis belle (les pompes à 250 euros en vitrine aussi d'ailleurs), à 24 heures de mon départ pour les Arcs.  Je projette, je rêvasse, je biathlonne, je glisse, lunettes de soleil vissées sur le pif, les façades rénovées,  blanc manteau, m'éblouissent. J'entendrais presque les oiseaux chanter.

Mais non, en fait. J'entends pas. Et pour cause, un appareil photo vient de surgir de nulle part en hurlant un magistral " YEaaaAAh!!DANCING FOUINE", qui me stoppe tout net dans ma course. Vous imaginez toujours, là?

Parce que perso, je suis obligée d'avouer que je me suis demandée un instant si je yoyotais grave ( un appareil photo qui cause??!). Hallucinée, deux billes à la place des yeux: un fan, bordel. Un fan. Surréaliste... j'avais même pas mes bottes aux pieds, quoi!

Mais elles sont là, aujourd'hui, tout prêt, les poilues. Les fidèles, encombrantes. Moins dans l'espoir de (re)croiser un admirateur que d'honorer le voyage qu'elles nous ont permis de gagner: et oui! Je rejoins mes fouines préférées dans 2 petites heures à la gare, direction le Criterblog!! Il va sans dire que j'ai hâte, curieuse et impatiente des rencontres et des exploits qui nous attendent! 

Et s'il vous dit de partager le week-end avec nous, photos et vidéos seront normalement dispos sur le site dédié, icite! N'oubliez pas que vous pouvez également parier en ligne sur l'équipe gagnante. Soyez d'ores et déjà assurés du fait que nous ne nous vexerons pas si vous votez pour une autre équipe!! 

A lundi!

PS:Gooo DF, Goooo! 
PS2 (marrant cette impression de faire de la pub pour une console): n'oubliez pas l'épisode de Plus Belle la vie ce lundi!! RDV sur France 3 à partir de 20h10!!

dimanche 15 mars 2009

Il y a de nouveau que ce qui est oublié (*)

(*) citation de Rose Bertin

Une exclu?

Et bien, non, pas toutafée... J'ai juste omis- shame on me- d'annoncer ici le prochain apéroblog lyonnais, XIIème du nom, qui se déroulera ce mardi 17 mars, en deux temps. Et ça, ça lô, c'est de la nouveauté!

Pour fêter la douceur retrouvée, CamDess, Myrtille et Silphi ont décidé de lutter contre l'immobilisme hivernal, en nous proposant de d'abord nous retrouver, à partir de 19h, autour des fameux burgers du Wallace, avant de migrer, à 21h, dans les cales du Barberousse, où Camille a promis de s'enfiler une bouteille de rhum en moins de 8 minutes (pour une femme enceinte, moi j'dis, c'est pas joli joli, hein!!^^)(roooh, ça va, si on peut pu niaiser icite, osssti!)

Venez grossir nos rangs, on vous espère nombreux!
A mardi!

Wallace, 2 rue Octavio Mey, Lyon5
Le Barberousse, 18 rue Terraille, Lyon 1er.

mercredi 11 mars 2009

La montagne, ça vous gagne. Ou pas.

photo by Myrtille

On ne va pas se mentir.

Le sport et moi, c'est comme le soleil et la lune. Un rendez-vous manqué.

Mais une éclipse semble bel et bien programmée pour fin mars: la participation des Dancing Fouines au Criterblog va me contraindre à l'exercice, moi qui considérais jusqu'alors mes 10 minutes de marche quotidiennes comme un exploit sportif de haut niveau. Et ne rigolez pas, j'ai les mollets de Jeannie Longo, c'est vous dire si je m'applique.

Février 1996. Je me souviens alors de ma dernière tentative, crispée telle l'esquimau sur son bâton en haut d'une piste bleue des 2 Alpes. J'avais super bien retenu la leçon. Ou pas d'ailleurs, rapport au fait que je n'ai jamais eu le privilège de recevoir les conseils d'un moniteur ESF du Club Piou-Piou, moi.

Pour vous permettre de mieux évaluer ma situation ( de détresse), sachez que je skie comme je nage. Comme je peux, en somme. Je vous épargnerai le récit ubuesque de mon épreuve de natation au bac, ou comment j'ai réussi, tant bien que mal à ramener ce fichu mannequin de 80 kgs à la surface. En restant dessous, ouais. Immergée. Je l'ai sauvé, oui, mais j'ai failli crever. Mon sens inouï de l'abnégation méritait bien la moyenne...

Février 1996, donc. "Tu croises tes skis pour freiner". Voilà le conseil reçu. L'unique. Et je l'ai appliqué à la lettre. Au point de les faire se chevaucher, même. Je suis décidément une élève appliquée. Ridicule aussi et pourtant, à bien y réfléchir, les genoux rentrés, c'était juste hyper hype comme dégaine. J'avais la trempe d'une fashion-blogueuse en 1996, tiens. Dommage que je n'ai plus jamais réitéré l'expérience.

Jusqu'à ce week-end.

Quand CamDess nous a proposé, avec Myrtille, d'aller taquiner la poudreuse à Courchevel, nous n'avons (presque) pas hésité: l'entraînement pré-Criterblog serait salvateur.
13 ans donc, que je n'avais plus adopté la Pingoo attitude, flanquée des skis les plus pourraves du magasin de location, en plus. Rajoutez à cela qu'à l'époque, économies obligent, ma mère était la reine du " tiens, y'a l'ex-belle-soeur de ma collègue qui te prête sa combi taille 52", et imaginez-moi affublée d'une magnifique et gigantesque parka jaune et rose fluo aux motifs douteux, gants rouges et verte cagoule, crevant de jalousie et de honte devant les équipements high-tech de mes voisins de télésiège...

Tant et si bien que ce week-end, on allait pouvoir se la péter grave avec nos bottes à poils Roxy. Ca, au moins, c'est du matos top moumoute qu'il en jette. Je m'étais néanmoins préparée psychologiquement à (souffrir) flipper, à (souffrir) devoir annoncer mon poids pour le réglage des fixations, à (souffrir) pleurer que j'étais pas capable, à (souffrir) réaliser qu'à bientôt 30 berges, la tâche s'avèrerait encore plus difficile qu'à 15.

Mais comme qui dirait, y'a que les cons qui changent pas d'avis.

Je suis de retour. Enthousiasmée. Plus que jamais.
J'adooore le ski
. Non vraiment:
  • le ski, c'est une leçon d'anatomie express. Ou comment se découvrir des muscles dans des endroits insoupçonnés.
  • le ski, c'est déculpabilisant. Ou comment s'envoyer du sauc' au beaufort et des tartines de Nut' en se convaincant qu'on l'a bien mérité, bordel!
  • le ski, c'est enivrant. Ou comment se récompenser des efforts fournis par un bon vin chaud.
  • le ski, c'est réjouissant. Ou comment se féliciter de faire 10 kilos de plus que sa copine pour la griller, tout schuss, au concours de celle qui arrivera la preum's en bas de la piste.
  • le ski, c'est un sport spécial langue de pute. Ou comment se moquer des mémères toutes options qui capitulent au milieu de la piste Mickey.
  • le ski, ca réveille l'instinct de la pouffie qui sommeille. Ou comment mater les mecs canons onduler avec aisance dans la poudreuse.
  • le ski, c'est comme le vélo. Ca ne s'oublie pas. Ou comment constater que je ne suis pas plus mauvaise qu'en 1996. C'est déjà ça.
  • le ski, ça réserve parfois des surprises. Ou comment tomber sur un loueur de matériel tout mimi. Non, vraiment, hein. Mimi. Blêmir en réalisant qu'il va bientôt tout savoir de mes mensurations. Plus encore quand il me demande de lever mon pantalon pour l'essayage des chaussures, et réaliser que je suis aussi poilue que mes bottes Roxy...

Le ski, c'est rassurant, finalement. Sur les pistes comme ailleurs, je reste fidèle à ma réputation. J'ai la loose collée aux bottes. A poils, donc.

***
A venir:les vidéos de l'entraînement fouinesque!

photo by Myrtille